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Fiscalité4 min de lecture

3 situations où l'imposition commune ne vous fait rien gagner

Se pacser ou se marier ne baisse pas toujours l'impôt. Voici trois cas concrets, chiffrés, où l'union commune n'apporte aucun gain, voire coûte plus cher.

Par ImpotsCouple•

Non, se pacser ou se marier ne fait pas systématiquement baisser votre impôt. Le simulateur d'ImpotsCouple sert justement à vérifier ce point avant de signer, parce que dans certaines situations très précises, l'imposition commune n'apporte aucun gain, ou pire, fait grimper la facture. Voici trois cas réels, avec des chiffres à l'appui.

Premier cas : deux revenus strictement égaux, sans enfant

Prenons un couple où chaque partenaire gagne 2 500 euros net par mois, soit 30 000 euros par an chacun, sans enfant à charge. En déclaration séparée, chacun paie environ 2 104 euros d'impôt, soit 4 208 euros au total.

En se pacsant, le revenu combiné (60 000 euros) est divisé par deux parts, exactement comme il l'était déjà de fait puisque les deux salaires sont identiques. L'impôt du foyer reste à 4 208 euros. Le gain est nul, au centime près.

Ce cas est plus fréquent qu'on ne le pense : deux salariés du même secteur, au même niveau de poste, ou deux fonctionnaires du même grade, se retrouvent souvent avec des revenus très proches. Dans cette configuration, le PACS ou le mariage ne change rien à votre feuille d'impôt.

Ce n'est pas pour autant une mauvaise nouvelle : cela signifie simplement que votre décision de vous unir peut se prendre sans arrière-pensée fiscale, puisque l'administration n'en tirera ni gain ni perte pour vous. La question redevient alors purement personnelle et patrimoniale.

Deuxième cas : un parent isolé qui perd sa demi-part

C'est le cas le plus contre-intuitif, et probablement le moins connu. Un parent qui élève seul son premier enfant bénéficie du statut "parent isolé" : au lieu d'une simple demi-part pour l'enfant, il obtient une part entière supplémentaire, en plus de sa propre part.

Prenons ce parent isolé, un enfant, 35 000 euros de revenu net imposable, deux parts au total. Son impôt, décote comprise, s'élève à environ 988 euros. Son futur partenaire, de son côté, déclare seul 15 000 euros et n'est pas imposable.

En se pacsant, le statut de parent isolé disparaît : le foyer redevient un couple standard, deux parts pour les adultes plus une demi-part pour l'enfant, soit 2,5 parts, sur un revenu combiné de 50 000 euros. L'impôt du nouveau foyer grimpe à environ 2 310 euros. La différence dépasse 880 euros de plus par an, uniquement parce que l'avantage "parent isolé" a disparu avec l'union.

Troisième cas : des plafonds de réductions d'impôt divisés par deux

Certains avantages fiscaux ne sont pas calculés par personne, mais par foyer fiscal. Le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile en est l'exemple le plus connu, avec un plafond de principe de 12 000 euros par an, majorable selon le nombre d'enfants ou de personnes âgées à charge.

Deux personnes célibataires qui recourent chacune à des services à la personne peuvent, en théorie, cumuler deux plafonds distincts sur leurs déclarations séparées. Une fois pacsées ou mariées, elles ne forment plus qu'un seul foyer fiscal, et donc un seul plafond commun. Le même mécanisme peut jouer sur d'autres réductions ou crédits plafonnés au niveau du foyer plutôt qu'à celui de l'individu.

Ce troisième cas concerne surtout les couples qui avaient chacun, avant leur union, une activité fiscale déjà optimisée séparément : investissement locatif avec des charges déductibles, dons réguliers à des associations, ou recours à des services à la personne au plafond maximal. La fusion des deux foyers en un seul peut alors faire perdre une partie de la marge de manœuvre dont chacun disposait individuellement.

Ce que ces trois cas ont en commun

Aucun de ces trois cas ne remet en cause l'intérêt global du PACS ou du mariage, qui reste avantageux pour la majorité des couples aux revenus inégaux. Mais ils montrent que l'union commune n'est jamais une garantie automatique d'économie, et que certaines situations précises — égalité de revenus, statut de parent isolé, plafonds partagés — méritent d'être vérifiées avant de signer.

Passer votre propre situation dans un simulateur, avec vos revenus exacts et votre composition familiale, reste le seul moyen fiable de savoir dans quel cas vous vous trouvez. Un chiffre à la calculette, fait rapidement sans tenir compte du plafonnement du quotient familial, de la décote ou des demi-parts spécifiques, peut facilement induire en erreur, dans un sens comme dans l'autre.

Mieux vaut le vérifier avant de signer que le découvrir sur votre premier avis d'imposition commun.

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